Notre univers pourrait être semblable à la surface d'un étang : dans une variante de la théorie des cordes, nous vivons sur une membrane très fine, et la gravité s'échappe dans des dimensions supplémentaires. Dans ce cadre, les trous noirs ne sont pas des impasses, mais des entonnoirs plongeant dans des mondes cachés, et leur comportement est presque identique à celui décrit par Einstein et Schwarzschild.
Grâce à la simulation numérique, les chercheurs ont recréé un tel trou noir avec un disque d'accrétion de gaz surchauffé. La lumière, déviée par la lentille gravitationnelle, dessine une ombre caractéristique. La comparaison avec les données de radioastronomie — l'image du trou noir M87 obtenue par le télescope Event Horizon, qui utilise un réseau d'antennes — a révélé un écart de 0,1 % (soit l'épaisseur d'un cheveu vu d'un kilomètre).
Mais le plus surprenant : lorsque l'influence des dimensions cachées dépasse un seuil, le trou noir se transforme en trou de ver — un tunnel traversable à travers l'espace. Sa température, prédite par Hawking, chute alors à zéro et l'évaporation cesse. Les télescopes de nouvelle génération, comme BHEX, pourraient voir non seulement une ombre, mais l'empreinte d'autres mondes.
Si l'influence des dimensions cachées dépasse un seuil critique, le trou noir se transforme en trou de ver — un tunnel reliant différents coins du cosmos — et cesse d'émettre le rayonnement de Hawking.
Dans le film « Interstellar », le trou de ver permet de voyager à travers l'espace — et les théories multidimensionnelles n'excluent pas de tels tunnels dans l'univers.