Juste après le Big Bang, le cosmos ressemblait à une gelée — chaude, ultra-dense et visqueuse. De minuscules surdensités, gonflées par l'inflation, pouvaient s'effondrer sous l'effet de leur propre gravité pour former des trous noirs. Jusqu'ici, on considérait ce milieu comme parfait, sans frottement. Une nouvelle simulation numérique prenant en compte la viscosité montre que plus la « gelée » est épaisse, plus l'amas doit être dense pour s'effondrer — même une faible viscosité exige 7% de densité supplémentaire. L'ironie, c'est que d'habitude la viscosité entrave l'écoulement, mais ici elle crée une barrière que la gravité doit surmonter.
Cela change le test de l'hypothèse selon laquelle la matière noire — l'échafaudage invisible des galaxies — serait composée de trous noirs primordiaux. Avec la viscosité, les trous noirs naissent moins souvent et plus massifs, ce qui correspond mieux à la courbure de la lumière provenant d'étoiles lointaines. Cette approche permet d'affiner la compréhension de l'expansion de l'univers.
Le paradoxe de la viscosité : d'habitude, elle freine les objets, mais dans l'univers primordial, elle est devenue une barrière que la gravité a dû franchir avec plus de force — comme si l'on comprimait une gelée en un point.