Le tunnel quantique est un phénomène étonnant : une particule peut traverser une barrière comme un fantôme à travers un mur. Ce n'est pas de la science-fiction, mais le quotidien du monde microscopique, qui explique par exemple la fusion nucléaire au cœur des étoiles et la naissance des éléments après le Big Bang. Mais jusqu'à présent, on ignorait ce qui se passe lorsque les particules sont nombreuses et interagissent. Imaginez une foule essayant de passer par une porte étroite : si les gens se tiennent par la main, ils passent ensemble, mais en cas de bousculade, chacun se fraye un chemin seul. C'est à peu près ainsi que se comportent les atomes quantiques. Les scientifiques ont créé un condensat de Bose-Einstein — un état particulier de la matière à très basse température où les atomes agissent comme un tout. À l'aide de réseaux laser, ils ont construit un « labyrinthe de lumière » et observé comment les atomes tunnelent entre ses cellules.
Grâce à la simulation numérique et à des mesures quantiques précises, les physiciens ont confirmé que cette transition du comportement collectif au comportement individuel est décrite par une règle mathématique unique. Elle dépend de la manière dont les particules se perçoivent mutuellement. Cette découverte éclaire non seulement les lois fondamentales du monde quantique, mais donne aussi une clé pour contrôler le tunnel dans les supraconducteurs et les ordinateurs quantiques, où ces processus déterminent le fonctionnement des dispositifs. À l'avenir, cela permettra de créer des systèmes quantiques plus performants et, peut-être, d'expliquer les mystères de la supraconductivité à haute température.
Si les humains pouvaient tunneler, avec une interaction faible, ils traverseraient les murs en groupe, comme s'ils se tenaient par la main, et avec une interaction forte, un par un.