Un panneau intelligent pour contrôler les ondes radio qui se déplacent à la vitesse de la lumière fonctionne comme un orchestre : des centaines d'éléments miniatures, véritables « instruments », modifient leur phase (le moment où ils entrent en jeu) sur commande via une tension. Ainsi, toute la surface dirige le faisceau dans la direction souhaitée, un peu comme le son est projeté dans une salle de concert. Mais lors de la fabrication, chaque varactor reçoit une capacité légèrement différente, ce qui fausse la phase.
Les ingénieurs ont construit un modèle probabiliste qui prédit comment cette dispersion déforme le diagramme de rayonnement, une problématique bien connue en photométrie. Les vecteurs de flux d'énergie décrits par John Henry Poynting ont permis d'évaluer plus précisément l'impact. Ensuite, ils ont appliqué un algorithme « glouton » : il ajuste un à un chaque élément pour maximiser la puissance moyenne dans la direction souhaitée. Résultat : le lobe principal est amplifié de 2 dB et les lobes secondaires sont atténués d'environ 10 dB.
La production devient moins chère, la communication plus fiable. Les ondes radio elles-mêmes obéissent aux équations de James Clerk Maxwell, et leurs quanta, les photons, sont décrits par le modèle standard.
Il est curieux de noter que les premiers réseaux plans pour diriger un faisceau radio sont apparus dès le milieu du XXe siècle, mais à l'époque, il fallait faire pivoter mécaniquement de lourdes plaques pour les réorienter. Le réflecteur moderne est une fine carte de circuit imprimé contrôlée par une puce.
La surface intelligente fonctionne comme le « métal liquide » de « Terminator 2 » : elle modifie à la volée ses propriétés électromagnétiques, dirigeant les ondes radio là où l'on veut.