Les gènes sont comme des maisons dans une ville : dans certaines, la vie grouille, dans d'autres, c'est le silence. Ce paysage génétique « urbain » a été analysé chez mille femmes atteintes d'un cancer du sein. Le cartographe mathématique, né en astrophysique pour traquer la toile cosmique, a mis en évidence des quartiers d'activité cachés — la matière noire du cancer, invisible aux tests ordinaires.
Au milieu du désordre entropique, l'algorithme a aperçu un quartier tranquille. Ces femmes, selon le modèle standard du diagnostic, avaient un cancer agressif, mais leur spectre d'activité génique ressemblait à une banlieue figée. Ce calme trompeur rendait la tumeur sensible au traitement, et la géométrie de la carte génétique s'est révélée un meilleur prédicteur que l'âge ou le stade de la maladie.
Les algorithmes conçus à l'origine pour étudier la forme de l'Univers sont aujourd'hui réorientés pour sauver des vies — ils classifient déjà les types de diabète et suivent les mutations de la grippe.
Dans « Star Trek », le docteur Crusher analyse en quelques secondes le portrait moléculaire d'un patient avec un tricordeur. Aujourd'hui, la géométrie des gènes transforme cette science-fiction en réalité.