Un essaim de 200 particules, qui se bousculent en permanence et alignent leurs vitesses, apprend à prédire le chaos. Une particule conductrice reçoit un signal extérieur, semblable au comportement imprévisible de la météo, et les autres doivent deviner où elle se dirigera ensuite. Un tel essaim est un ordinateur physique, et sa capacité de prédiction dépend de sa façon de gérer la chaleur.
Il s'est avéré que l'important n'est pas la quantité de chaleur que l'essaim produit par lui-même, mais l'ampleur avec laquelle le signal extérieur modifie ce flux. Quand la conductrice est connectée, le flux de chaleur augmente des milliers de fois. C'est cette augmentation, et non la chaleur elle-même, qui est liée à la précision de la prédiction. Le meilleur résultat est obtenu dans un régime où, sans signal, la chaleur ne se dégage presque pas, alors qu'avec le signal elle augmente brutalement. Un tel essaim prédit le chaos avec une corrélation de 0.97, c'est-à-dire presque parfaitement.
Cette découverte aide à trouver rapidement les régimes adaptés aux ordinateurs physiques, sans perdre de temps en un long apprentissage. L'essaim de particules, qui semblait auparavant un simple amas chaotique, se révèle un instrument subtil : son entropie fonctionne comme une boussole qui indique les capacités de calcul.
La performance maximale du réservoir est atteinte dans un régime où le flux de chaleur vers le milieu est minimal en l'absence de signal, mais augmente de plusieurs milliers de fois dès que le signal est appliqué.
L'idée d'utiliser un essaim de particules pour calculer fait écho au concept de « matière calculante » du roman de Stanislas Lem « L'Invincible », où un collectif de machines microscopiques traite de l'information.