Un « pied à coulisse » cosmique va bientôt mesurer une étoile à neutrons avec une précision d'une centaine de mètres. Pour un objet d'une vingtaine de kilomètres de diamètre, c'est comme mesurer l'épaisseur d'un cheveu humain à un kilomètre de distance.
Une étoile à neutrons est le vestige d'une supernova explosée. La matière y est comprimée si fort qu'une cuillère à café pèserait des milliards de tonnes. Mais comment est-elle structurée exactement ? Les physiciens la décrivent par une « équation d'état » — en somme, une recette qui relie pression et densité. Le problème, c'est qu'il existe de nombreuses recettes et qu'il est difficile de choisir la bonne.
Les auteurs de l'étude ont adopté une approche bayésienne : au lieu de chercher une réponse unique, ils ont pesé les probabilités de différents scénarios. Dans leur simulation, les futures données des observatoires à rayons X et à ondes gravitationnelles ont passé au crible des milliers d'équations d'état possibles. Le résultat n'est pas un simple rayon moyen, mais tout un spectre de probabilités pour chaque ingrédient de la recette.
La transition de la phase hadronique (nucléaire) à la phase de quarks s'est révélée particulièrement délicate. C'est comme le moment où l'eau se transforme en glace, mais sous des pressions colossales. Les nouvelles données permettront de comprendre si cette transition est brutale ou progressive. Et donc de plonger au cœur de l'étoile sans quitter la Terre.
Une étoile à neutrons de la taille d'une ville tourne plus vite qu'un mixeur de cuisine — jusqu'à plusieurs centaines de tours par seconde.