Le cosmos est en expansion, et cette expansion s'accélère. Mais que se passerait-il si, dans les premiers instants après le Big Bang, la gravité agissait différemment ? Les auteurs de cette nouvelle étude ont ajouté aux équations d'Einstein un champ invisible qui capte l'énergie de la matière et du rayonnement ordinaires. Au lieu de courber l'espace-temps, cette énergie est absorbée par le champ — comme un ressort qui se comprime sans pousser sur les parois.
Dans l'Univers primordial, un tel champ aurait pu presque stopper l'expansion. La lumière aurait eu le temps de traverser de nombreuses fois tout le volume accessible, homogénéisant la température. Cela résout l'énigme de l'horizon : des régions opposées du ciel se ressemblent, alors que, selon les calculs habituels, elles n'ont jamais été en contact. Ce scénario a été baptisé « Univers chaud statique primordial » — par opposition à l'inflation, où l'espace s'est dilaté plus vite que la lumière.
Le champ a également été testé sur le problème de la constante cosmologique — cette fameuse énergie noire qui repousse le cosmos actuel. En théorie, le champ pourrait l'absorber, la rendant invisible à la courbure de l'espace. Mais pour l'instant, le modèle ne sait pas passer de cette phase à l'expansion chaude ordinaire — il reste bloqué dans le passé, comme un disque rayé sur un même sillon.
L'horizon en cosmologie n'est pas un bord de gouffre, mais simplement la distance que la lumière a parcourue depuis le début des temps. Si l'Univers a un jour presque fait du sur-place, l'horizon a pu englober bien plus de matière que lors d'une expansion rapide.
Dans le roman « Le Dernier Problème » d'Asimov, les humains cherchent un moyen d'inverser la mort thermique de l'Univers — ici, le cosmos primordial trouve lui-même un équilibre temporaire, comme s'il suspendait son souffle avant l'élan.