La fine couche de neutrons en excès à la surface d'un noyau riche en neutrons.La peau de neutrons est une fine couche de neutrons en excès qui se forme à la surface d'un noyau atomique riche en neutrons. Dans les noyaux stables, les protons et les neutrons sont à peu près équilibrés, mais dans les noyaux lourds comme le plomb-208, il y a plus de neutrons que de protons. Ces neutrons supplémentaires sont poussés vers l'extérieur par la force nucléaire forte et le principe d'exclusion de Pauli, créant une « peau » de matière riche en neutrons autour du cœur. L'épaisseur de cette peau est une observable clé pour comprendre la structure nucléaire et les propriétés des étoiles à neutrons.
Le concept de la peau de neutrons a été proposé pour la première fois dans les années 1950 par des physiciens étudiant la structure nucléaire, mais des mesures précises ne sont devenues possibles qu'au XXIe siècle grâce à des installations avancées comme le Thomas Jefferson National Accelerator Facility (JLab).
La peau de neutrons résulte de la compétition entre la force nucléaire forte (qui lie les nucléons entre eux) et la répulsion coulombienne entre les protons. Dans les noyaux riches en neutrons, les protons sont écartés par la répulsion électromagnétique, tandis que les neutrons, étant neutres, ne sont pas affectés par cette force. Par conséquent, la distribution des neutrons s'étend légèrement au-delà de celle des protons, formant une peau. L'épaisseur de cette peau est mesurée par diffusion d'électrons violant la parité ou par des collisions avec d'autres noyaux, et elle fournit des contraintes sur l'équation d'état de la matière nucléaire.
La mesure de l'épaisseur de la peau de neutrons aide à calibrer les modèles d'étoiles à neutrons, qui sont essentiellement des noyaux géants avec une peau de neutrons, et améliore les prédictions pour les réactions nucléaires utilisées dans la production d'énergie et l'astrophysique.
La peau de neutrons du plomb-208 n'a qu'environ 0,3 femtomètre d'épaisseur — soit 0,0000000000000003 mètre, environ un billion de fois plus fine qu'un cheveu humain.






