Deux tambours : l'un avale le coup en silence, l'autre renvoie un ricochet. C'est ainsi que fonctionnent un trou noir ordinaire et son jumeau hypothétique, le miroir noir. Le premier possède un horizon des événements, une frontière sans retour. Le second, une surface réfléchissante : rien ne tombe à l'intérieur, tout est renvoyé.
Lorsqu'une étoile s'approche en spirale d'un tel objet, elle frappe l'espace-temps, émettant des ondes gravitationnelles. Avec un trou noir, le son s'éteint rapidement, avalé par l'horizon. Avec un miroir noir, les ondes se réfléchissent, produisant un long écho avec un spectre de fréquences particulier — les modes quasi-normaux. Mais le rythme de la chute diffère aussi : un miroir lent ralentit le corps qui tombe en réfléchissant l'énergie ; un miroir rapide, au contraire, l'accélère, car il supprime l'effet qui, pour les trous ordinaires, alimente le mouvement orbital. Les futurs observatoires, comme LISA, remarqueront cette différence de rythme.
La température de Hawking pour un trou noir d'une masse solaire n'est que de 60 nanokelvins, soit des milliards de fois plus froid que le rayonnement fossile.