La gravité attire toujours — la pomme tombe, les planètes tournent sur leurs orbites. Mais en plaçant la source de courbure de l'espace-temps à deux endroits à la fois, on peut obtenir l'inverse. Des physiciens proposent une expérience : un corps massif est placé dans un état quantique, étalé dans l'espace comme un nuage. Ensuite, on y lance une minuscule particule.
En physique classique, la particule serait attirée vers chacune des positions de la masse et suivrait un chemin moyen. Mais après une sélection spéciale des résultats de mesure de la source, les deux versions de la gravité interfèrent.
Contrairement aux ondes gravitationnelles, ce phénomène nécessite une description quantique. Les idées de gravité quantique, qui exigent une révision du modèle standard de la physique, ont été développées par des scientifiques comme John Archibald Wheeler, Roger Penrose et Stephen Hawking.
La grande surprise : la répulsion ne se produit que dans la moitié des cas, lorsqu'on sélectionne le bon résultat. Et la masse de la source doit être inférieure à un grain de sable, mais énorme pour le monde microscopique. Une telle expérience est réalisable dès maintenant et permettra pour la première fois de « toucher » la nature quantique de l'espace-temps.
La gravité quantique était considérée comme presque insaisissable : les forces sont si faibles qu'on ne peut pas les mesurer à l'échelle microscopique. Cette expérience prouve le contraire.
Les auteurs de science-fiction rêvaient depuis longtemps d'antigravité : chez Asimov, elle était créée par des convertisseurs quantiques. Aujourd'hui, des scientifiques proposent un véritable tour de passe-passe quantique pour observer enfin la répulsion en laboratoire.