Lorsqu'une planète passe devant son étoile, une partie de la lumière stellaire est filtrée à travers son atmosphère. Les gaz de l'atmosphère absorbent certaines couleurs et en laissent passer d'autres, comme les vitraux colorés. En observant quelles couleurs sont atténuées, on peut déterminer la composition de l'air de ce monde lointain.
Les astronomes ont pointé le télescope William Herschel vers la planète HAT-P-44b, un Saturne chaud et gonflé. Sur une variation de 246 millionièmes de la luminosité de l'étoile, ils ont détecté la signature du sodium : ce métal, présent dans les couches supérieures de l'atmosphère, absorbe la lumière jaune-orange. Le signal est fiable — quatre fois plus fort que les fluctuations aléatoires.
Et ce n'est pas tout. Le spectre a révélé des traces de vapeur d'eau et de diffusion de la lumière par les molécules d'hydrogène. Cela signifie que l'atmosphère n'est pas vide, mais composée principalement d'hydrogène avec un peu d'eau. Les éléments lourds (tout ce qui est plus lourd que l'hydrogène et l'hélium) y sont environ sept fois plus abondants que dans le Soleil. La température à l'altitude où se forme le spectre est d'environ 800 K, comme dans un four de potier.
HAT-P-44b s'avère être presque une jumelle de la planète bien étudiée WASP-39b. Toutes deux sont des Saturne chauds et gonflés, avec du sodium, de l'eau et une possible présence de nuages. Seule différence : HAT-P-44b est légèrement plus froide et plus riche en éléments lourds. Cette similitude aide les astronomes à tester les modèles d'atmosphère sur des planètes sœurs.
Le sodium dans l'atmosphère de la planète absorbe la même lumière jaune-orange que celle des lampes au sodium des rues, qui émettent une lueur ambrée chaleureuse.