Dans la théorie quantique, une particule peut courir simultanément sur deux sentiers. Lors d'une mesure, on ne la surprend que sur l'un d'eux. Selon Niels Bohr, toutes les autres possibilités disparaissent instantanément — comme une branche arrachée du tronc. Mais Hugh Everett insistait : l'arbre de la réalité pousse avec toutes ses branches à la fois, et nous ne voyons que celle sur laquelle nous nous trouvons.
Les expérimentateurs ont mesuré trois fois un photon unique — une particule de lumière — comme s'ils regardaient l'arbre à trois moments différents. Il s'avère qu'il existe un lien subtil entre les mesures — une cohérence cachée. Les branches « arrachées » n'ont pas disparu et continuent d'influencer le résultat visible. De plus, chaque mesure laisse une empreinte, comme un anneau de croissance sur une coupe.
Mais si l'on fait osciller l'arbre — en introduisant un bruit extérieur même infime — les fines pousses meurent et il ne reste que le tronc principal. Alors le résultat semble être celui d'une branche cassée immédiatement. Dans la vie quotidienne, la chaleur et les vibrations effacent rapidement les traces des alternatives, et le monde quantique paraît univoque.
Si la ramification est réelle, il existe vos doubles qui se souviennent d'autres résultats d'expériences — et peut-être d'autres choix de vie.
L'idée des mondes parallèles a inspiré le roman « Anathem » de Neal Stephenson.