Un morceau de métal chauffé à blanc dans un four, c'est comme une poêle sur la cuisinière : plus la chaleur est forte, plus elle se propage vite dans votre main si vous la touchez. Mais à des températures où le métal est proche de la fusion, mesurer cette vitesse devient très difficile : les capteurs adhèrent mal, la chaleur s'échappe dans l'air, et l'échantillon lui-même émet de la lumière qui perturbe les instruments.
La nouvelle méthode contourne ces obstacles. Un laser frappe un point minuscule à la surface, et une caméra infrarouge observe comment la chaleur se propage à partir de ce point. En comparant la température au point de chauffe et celle du reste du métal, on peut calculer la capacité du matériau à conduire la chaleur. C'est un peu comme évaluer la force d'un jet de pierre en observant les ondulations à la surface de l'eau.
La méthode a également permis de mesurer la façon dont le molybdène émet de la lumière à l'état solide et liquide. Ces données sont nécessaires pour fabriquer des pièces qui travaillent dans une chaleur extrême : avions hypersoniques, réacteurs nucléaires et impression 3D par laser de métaux.
Ainsi, un morceau de métal chauffé à blanc cesse d'être une énigme : on peut désormais connaître ses propriétés thermiques avec précision, sans même le toucher.
Le molybdène fond à 2623 °C — c'est plus chaud que la température à la surface de Vénus, la planète la plus chaude du système solaire.