L'eau d'une rivière forme souvent des tourbillons. Mais dans les semi-conducteurs — la base des puces électroniques — les électrons, à basse température et avec une grande pureté, se transforment eux aussi en liquide. Si l'on crée une cavité circulaire, des tourbillons apparaissent, comme dans un bras mort de rivière.
Des scientifiques ont pris de l'arséniure de gallium particulièrement pur, ont fabriqué un canal et un « bras mort » circulaire. Ils ont fait passer un courant — et dans la cavité, un tourbillon stable s'est formé (le courant a inversé son sens). Étonnamment, le tourbillon ne s'atténuait presque pas. La viscosité de ce liquide électronique est des millions de fois plus faible que celle de l'eau — comme un liquide sans friction. Cette tornade quantique a tourné étonnamment longtemps.
De telles expériences confirment le modèle hydrodynamique et en dessinent les limites. C'est une voie vers une électronique où les flux d'électrons sont contrôlés comme un liquide, avec un calcul précis de la dissipation de l'entropie. Les électrons eux-mêmes obéissent au modèle standard, mais dans leur danse collective naissent de nouvelles lois.
Le liquide électronique a une viscosité extrêmement faible — des millions de fois plus faible que celle de l'eau. C'est pourquoi les tourbillons électroniques ne s'atténuent presque pas, comme des tornades quantiques.