Quand une foule se rue dans un stade, dans la bousculade les cris se noient dans le vacarme — le son ne s'en échappe pas. C'est le même comportement pour le gaz qui tombe sur un trou noir : en accélérant jusqu'à des vitesses supersoniques, il crée une frontière d'où le son ne sort plus. Cet horizon sonore est l'équivalent de cette limite au-delà de laquelle même la lumière ne peut s'échapper.
Mais contrairement à une image simple, le flux de milieu interstellaire n'est pas régulier — il bouillonne de turbulences, comme une foule où les gens poussent de manière inégale. Ces à-coups dans le plasma du disque d'accrétion en rotation font « respirer » la barrière sonore : elle se déplace à chaque saut de densité et de température. Pour un trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, le rayon d'un tel horizon se situe un peu au-delà du double du rayon de Schwarzschild (la limite d'où la lumière ne s'échappe pas) — et cette frontière pulse.
De tels modèles transforment les conjectures en calculs. Pour les étoiles à neutrons et les trous noirs dans la courbure de l'espace-temps, ces pulsations pourraient suggérer comment tester l'idée de Hawking sur le rayonnement quantique. Et les origines se trouvent dans les travaux sur les masses limites des étoiles, y compris la limite de Chandrasekhar.
Pour le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, l'horizon sonore n'est qu'à 6% plus loin que l'horizon gravitationnel – presque là d'où la lumière ne sort pas.