Dans le théâtre silencieux du cosmos, la pièce de la vie d'une étoile se joue sur des milliards d'années. Mais parfois, un metteur en scène invisible s'invite sur scène : un trou noir primordial. Cet amas de matière noire, né dans la première seconde de l'univers (comme l'avait prédit Stephen Hawking), avec une masse comparable à celle d'un astéroïde et une taille de l'ordre de l'atome, peut être capturé par une étoile. Une fois à l'intérieur, il commence lentement, telle une braise sous un rideau de velours, son chemin vers le cœur. Deux fins attendent ce drame stellaire : soit une extinction silencieuse, soit un feu d'artifice assourdissant qui arrache le toit du théâtre.
La capture est une affaire de hasard et de danse gravitationnelle. Sans un troisième partenaire — une planète géante (exoplanète) — la probabilité est infime. Seules les forces de marée d'un monde gazeux semblable à Jupiter peuvent freiner le trou errant et l'attirer dans le piège gravitationnel de l'étoile. Commence alors une lente migration vers le centre par friction dynamique — un effet décrit mathématiquement par Subrahmanyan Chandrasekhar. Sur une durée comparable à l'âge de Hubble (découvert par Edwin Hubble), le trou atteint le noyau. Dans le noyau, le trou noir déclenche l'accrétion de Bondi : la matière tombe presque sphériquement, mais l'efficacité est faible — la braise couve à peine. Si, pendant la vie de l'étoile, le trou n'acquiert pas un moment cinétique suffisant, le spectacle se termine sans applaudissements : l'étoile s'éteint doucement, et le trou demeure dans ses restes.
Avec le disque, le champ magnétique s'éveille et les jets démarrent — des jets relativistes de plasma qui frappent le long de l'axe de rotation. Leur puissance, décrite par le mécanisme de Blandford–Znajek, atteint 10⁵⁰ erg/s — pendant un bref instant, c'est plus éblouissant qu'une galaxie entière. En quelques minutes, un tel jet éjecte plus d'énergie que le Soleil n'en émettra pendant les 10 milliards d'années de sa vie. Le spin du trou augmente rapidement jusqu'à 0.8, et la matière stellaire est dispersée comme un rideau arraché par un ouragan. L'éruption est enregistrée comme un sursaut gamma de faible puissance, avec un pic ultraviolet et un écho radio. Aucune traînée radioactive, caractéristique d'une supernova ordinaire — seulement une signature pure d'ondes gravitationnelles, captées par des observatoires comme LIGO. Une telle mort d'étoile, allumée de l'intérieur par la matière noire, pourrait expliquer certains transitoires mystérieux dans les archives astronomiques.
Cette hypothèse tisse ensemble trois grandes énigmes : la nature de la matière noire, les mécanismes d'explosion des étoiles et l'origine des trous noirs de masse intermédiaire. Si l'univers abrite réellement des essaims de trous noirs primordiaux avec des masses d'astéroïdes, alors chaque naine rouge ou même notre soleil pourrait potentiellement porter un tel parasite. Nous pourrions ne rien soupçonner jusqu'à ce que les observatoires d'ondes gravitationnelles de nouvelle génération entendent l'accord final d'un compagnon dévoré par une étoile, et que les télescopes à grand champ remarquent une éruption là où, hier encore, brillait un point inoffensif dans le ciel. Le théâtre de l'univers est toujours plein de drames invisibles — il suffit d'apprendre à regarder et à écouter.
Si un trou noir primordial de masse 10¹⁶ g se cachait au centre du Soleil, il croîtrait si lentement que le stade du disque ne surviendrait qu'après 10 milliards d'années. Nous ne remarquerions rien — jusqu'au dénouement.
L'image d'une étoile dévorée de l'intérieur fait écho au roman d'Arthur C. Clarke « Rendez-vous avec Rama », où un vaisseau extraterrestre utilise un trou noir comme moteur. Et dans « Star Trek » (2009), la matière rouge crée des trous noirs à l'intérieur des planètes, les faisant s'effondrer.