Un objet ordinaire se déplace le long d'une trajectoire prévisible, comme une balle. Dans le monde quantique, une particule est étalée en un nuage de probabilité. Pour voir l'ordre dans ce brouillard, des scientifiques ont reformulé l'équation de Schrödinger dans le langage de l'eau qui s'écoule.
Le nombre de ces tourbillons est toujours entier — et c'est tout ce qu'il faut pour obtenir la quantification de l'énergie exacte. Auparavant, pour calculer les niveaux, on utilisait la règle approximative de Bohr–Sommerfeld, qui montrait ses limites. Dans cette nouvelle image, le caractère entier des tourbillons donne automatiquement le spectre correct. Au passage, on comprend d'où vient le frémissement perpétuel même d'une particule « calme » : c'est la rotation du flux autour des zéros. Les tourbillons existent en chaque point où la particule ne peut pas être, et ce sont eux qui déterminent son énergie — comme un tourbillon invisible dans un lac de montagne fixe le niveau de l'eau.
Le nombre de tourbillons-zéros est toujours entier — comme un ensemble de notes dans un accord détermine sa sonorité.
Dans « Dune », les navigateurs manipulent les probabilités ; peut-être que les tourbillons-zéros sont des poignées que l'on peut tirer pour déformer le tissu de la réalité.