Deux patineurs tournent sur la glace. D'abord en grands cercles, puis ils se rapprochent, et l'un tend à l'autre un tissu lumineux — sous l'effet des frottements, une gerbe d'étincelles jaillit. Puis le mouvement s'apaise en une rotation douce. Cette danse illustre le destin de l'étoile θ Eridani (Acamar).
Dans l'Antiquité, Acamar comptait parmi les étoiles les plus brillantes du ciel ; aujourd'hui, son éclat a chuté de plusieurs dizaines de fois. La décomposition de la lumière et les mesures de luminosité ont révélé un système triple, dont la paire centrale forme des étoiles sur des orbites très serrées. L'une d'elles, massive, a épuisé son carburant en hydrogène et s'est gonflée, remplissant son enveloppe d'hélium. Sa proportion d'éléments lourds est proche de celle du Soleil — signe que cette éruption violente fut la seule secousse de sa vie.
La modélisation informatique a reconstitué les événements : le transfert de matière a arrondi l'orbite, l'éruption s'est éteinte, et l'étoile s'est affaiblie.
Le nom Acamar vient de l'arabe « fin de la rivière ». Lorsqu'on a découvert Achernar, une étoile encore plus brillante plus au sud, Acamar a perdu son statut de dernière étoile de la constellation de l'Éridan.