Les cellules d'un même organisme sont comme des jumeaux boulangers dans une cuisine commune. Ils partagent le même livre de recettes (l'ADN), mais des erreurs aléatoires surviennent lorsqu'ils recopient la recette sur une antisèche et lorsqu'ils assemblent le plat. Cette imprévisibilité — l'entropie — fait que la quantité d'une protéine dans des cellules identiques varie du tout au tout. Et ce bruit n'est pas toujours mauvais : par exemple, les bactéries exploitent cette variabilité pour qu'une partie de la colonie survive à un antibiotique.
Auparavant, on ne pouvait calculer que les erreurs survenant au stade des antisèches. Désormais, une méthode a été proposée, comparable à un prisme en spectroscopie : elle décompose le processus complexe en étapes simples et transpose les solutions déjà connues des instructions vers la protéine. Cette approche prend pour la première fois en compte la production « explosive », lorsque plusieurs antisèches sont créées d'un coup. Et surprise : des niveaux de contrôle supplémentaires dans la cellule ne réduisent pas toujours le bruit — parfois, ils ne font que l'amplifier. Les protéines, composées de carbone et d'autres atomes, se prêtent désormais elles aussi à cette analyse.
Les bactéries utilisent le bruit protéique comme une assurance naturelle : les variations aléatoires permettent à une partie de la colonie de survivre à une attaque d'antibiotique.
Dans le récit « L'Astrovitanka » de Nick Gorkavy, les héros apprennent à contrôler le bruit des gènes pour prolonger la vie et soigner les maladies.