Visiteurs interstellaires : comment capter un signal d'une technologie extraterrestre ✛

Original: "Technosignature Searches of Interstellar Objects"
arXiv:2508.16825 · 2025-08-22 · CC BY 4.0 · 3 min
Une revue des stratégies de recherche de technosignatures parmi les objets interstellaires, des trajectoires anormales aux signaux radio à bande étroite.

En octobre 2017, le télescope Pan-STARRS à Hawaï a repéré un objet qui se déplaçait trop vite pour appartenir au système solaire. C'était 1I/Oumuamua, le premier visiteur interstellaire jamais observé par les astronomes. Depuis, deux autres ont suivi : la comète 2I/Borisov et l'objet 3I/ATLAS. Chacun d'eux est comme une pierre rejetée par la vague sur une plage où nous nous tenons avec un détecteur de métaux, essayant de distinguer un simple galet d'un artefact d'une autre intelligence.

Tout objet interstellaire est une chance unique d'étudier la matière d'un autre système planétaire sans quitter le nôtre. Même s'il est naturel, sa composition nous renseigne sur des mondes lointains.

La recherche de technosignatures sur ces objets ressemble à un ratissage de plage au détecteur de métaux : on cherche de rares objets artificiels parmi une multitude de pierres naturelles, mais chaque type de « métal » nécessite un mode de recherche spécifique. Les auteurs de la revue distinguent quatre modes. Le premier concerne les trajectoires anormales : si un objet change de vitesse autrement que par la gravité, cela peut indiquer un moteur ou un rejet de masse. Le deuxième concerne les spectres et couleurs inhabituels : les matériaux artificiels, comme les métaux ou les plastiques, réfléchissent la lumière différemment de la pierre et de la glace. Le troisième concerne les formes étranges : une silhouette trop allongée ou une surface parfaitement lisse est suspecte pour un objet naturel. Le quatrième concerne les émissions artificielles : un signal radio ou un faisceau laser émanant de l'objet serait une preuve sans équivoque de technologie.

Les simulations ont montré qu'un laser d'une puissance de seulement 1 watt à une distance de 4 unités astronomiques produit un flux facilement détectable dans les spectres à basse résolution. À titre de comparaison, la puissance d'un pointeur laser est d'environ 5 milliwatts.

Jusqu'à présent, aucun des trois objets interstellaires connus n'a révélé de technosignature univoque. Oumuamua a présenté une accélération non gravitationnelle, mais elle s'explique par la sublimation naturelle de la glace ou par la pression de la lumière solaire. Les couleurs des trois objets se situent dans la gamme des astéroïdes et comètes ordinaires, bien qu'elles diffèrent entre eux. Mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras : chaque nouvel objet est une nouvelle opportunité. Avec la mise en service de l'observatoire Vera Rubin, on s'attend à découvrir entre 6 et 51 objets interstellaires par décennie, et le ratissage de la plage deviendra alors une routine. L'essentiel est de régler à l'avance les détecteurs de métaux sur tous les modes et de ne pas manquer le moment où la vague déposera sur la rive quelque chose qui a des reflets d'acier.

La revue mentionne que la Tesla Roadster, lancée dans l'espace en 2018, a des couleurs inhabituelles qui se démarquent de la plupart des astéroïdes, mais qui se situent néanmoins dans la plage rencontrée chez les corps naturels.

Le roman d'Arthur C. Clarke « Rendez-vous avec Rama » décrit la découverte d'un grand objet cylindrique traversant le système solaire, qui s'avère être artificiel — ce scénario fait directement écho à l'idée de rechercher des formes anormales dans les objets interstellaires.

Scientifiques
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