Ce travail s'inscrit dans le domaine en pleine expansion de la recherche de technosignatures dans le système solaire, à côté des études sur les objets anormaux comme les comètes et astéroïdes interstellaires, ainsi que de la chasse aux signaux radio provenant de cibles spécifiques telles que 3I/ATLAS. Des travaux voisins ont déjà proposé une échelle d'anomalie (l'« échelle de Loeb »), examiné les comètes interstellaires comme possible fond pour la recherche de matière noire, et même cherché l'ombre de la Terre comme moyen de détecter des sondes extraterrestres. Cette revue se distingue par sa systématisation : au lieu d'analyser un objet ou un type de signal, elle propose un ensemble complet de stratégies d'observation pour toute la population d'objets interstellaires.
Les auteurs n'ont pas effectué de nouvelles observations, mais ont rassemblé et analysé les données et la littérature existantes sur les trois objets interstellaires connus : 1I/Oumuamua, 2I/Borisov et 3I/ATLAS. Ils ont identifié quatre classes de technosignatures pouvant être recherchées dans les ISO : trajectoires anormales (accélérations non gravitationnelles), spectres ou couleurs anormaux, formes anormales et transmissions artificielles (radio ou laser). Pour chaque classe, ils ont déterminé les données d'observation nécessaires (astrométrie, photométrie, spectroscopie, polarimétrie, radar) et à quel moment du passage de l'objet à travers le système solaire ces données sont les plus informatives. À titre d'illustration, ils ont simulé un signal radio à bande étroite provenant d'un objet avec une trajectoire similaire à celle de 3I/ATLAS, et ont ajouté un laser simulé de 1 W dans le spectre réel de 3I/ATLAS pour montrer à quel point il est facile de détecter même un signal artificiel faible.
La revue montre que la recherche de technosignatures dans les objets interstellaires est déjà possible avec les télescopes existants, et que les exigences de puissance de l'émetteur pour détecter un signal à une distance de plusieurs unités astronomiques sont comparables à la puissance d'appareils domestiques tels qu'un téléphone portable. Les auteurs soulignent que les anomalies ne sont pas en soi une preuve d'origine artificielle : pour 1I/Oumuamua, l'accélération non gravitationnelle s'explique par des causes naturelles (sublimation ou pression de radiation), et sa forme allongée et sa variabilité de luminosité sont compatibles avec un corps naturel. Les couleurs des trois ISO connus se situent dans la plage caractéristique des astéroïdes et comètes ordinaires du système solaire, bien qu'elles diffèrent entre elles. Les simulations montrent que même un laser de 1 W à une distance de 4 ua produit un flux facilement discernable dans les spectres à basse résolution, et qu'un signal radio à bande étroite provenant d'un objet dont la trajectoire est connue peut être recherché dans une plage étroite de dérive de fréquence, ce qui réduit considérablement l'espace de recherche. Les auteurs notent que pour une détection fiable des technosignatures, il est nécessaire d'observer l'objet à plusieurs reprises tout au long de son passage, car une seule image peut manquer un signal évident.
Ce travail se distingue des études voisines en ce qu'il ne se concentre pas sur un seul objet ou un seul type de signal, mais propose un schéma d'observation global pour toute la future population d'objets interstellaires. Contrairement aux travaux qui recherchent des signaux spécifiques dans 3I/ATLAS ou considèrent les comètes interstellaires comme un arrière-plan pour d'autres tâches, ici, pour la première fois, toutes les principales classes de technosignatures sont rassemblées et liées aux phases du passage de l'objet. Cela fait de cette revue un guide pratique pour les observateurs, et non une simple discussion théorique. De plus, les auteurs mettent explicitement en garde contre des conclusions hâtives basées sur la comparaison avec les objets du système solaire, car les propriétés de la population des ISO sont encore mal connues et des anomalies naturelles pourraient être confondues avec des anomalies artificielles.
Avec la mise en service de l'observatoire Vera Rubin, on s'attend à la découverte de 6 à 51 objets interstellaires par décennie, ce qui rendra leur détection et leur suivi routiniers. Cela exigera de la communauté SETI une préparation à des observations de suivi rapides dans une large gamme de longueurs d'onde. Il est probable que des systèmes automatisés d'alerte et de coordination des observations apparaissent, similaires à ceux utilisés pour les sursauts gamma ou les ondes gravitationnelles. Une approche statistique pour évaluer l'anomalie des objets se développera également, peut-être avec la création d'une échelle spéciale analogue à l'échelle de Turin pour le danger des astéroïdes, mais les auteurs considèrent une telle échelle prématurée en raison du petit échantillon.
Les résultats de la revue seront utiles aux astronomes planifiant des observations sur les grands télescopes, ainsi qu'aux spécialistes du traitement des données des relevés du ciel, qui pourront prévoir des modes de réponse rapide à la découverte de nouveaux objets interstellaires.
La prochaine étape consistera à développer des protocoles d'observation spécifiques et des logiciels d'analyse automatique des données de l'observatoire Rubin afin d'identifier les anomalies en temps réel, ainsi qu'à coordonner un réseau de télescopes pour une confirmation rapide des signaux.
Le problème clé non résolu dans le domaine de la recherche de technosignatures est l'absence de critères clairs pour distinguer un signal artificiel d'une anomalie naturelle. Ce travail est directement lié à ce problème, car il propose une approche systématique de collecte de données qui permettra d'accumuler des statistiques sur les variations naturelles des objets interstellaires et ainsi d'augmenter la fiabilité des futures déclarations de détection de technologies.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Les auteurs ont systématisé quatre classes de technosignatures pour les objets interstellaires (ISO) : les accélérations anormales, les spectres et couleurs inhabituels, les formes étranges et les transmissions artificielles. Ils ont décrit les observations nécessaires et les moments optimaux pour chaque classe, en s'appuyant sur les données de 1I/Oumuamua, 2I/Borisov et 3I/ATLAS, et ont modélisé la détectabilité de faibles signaux radio et de lasers.
Où est sa force
La force de ce travail réside dans la création d'une feuille de route observationnelle cohérente pour la recherche de technosignatures dans toute la population d'objets interstellaires, plutôt que dans l'analyse de cas individuels, ce qui en fait un guide pratique pour les futurs relevés, y compris l'observatoire Vera Rubin.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Une approche systématique de la recherche de technosignatures parmi les objets interstellaires pourrait servir de base à des campagnes d'observation coordonnées et augmenter les chances de détecter des objets artificiels, s'ils existent, à un coût supplémentaire minimal.
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est vide autour de ce travail : l'analyse la plus proche n'est qu'à 0.59, contre 0,64 d'ordinaire. Il semble qu'on ait peu foré à côté.
La revue mentionne que la Tesla Roadster, lancée dans l'espace en 2018, a des couleurs inhabituelles qui se démarquent de la plupart des astéroïdes, mais qui se situent néanmoins dans la plage rencontrée chez les corps naturels.
Le roman d'Arthur C. Clarke « Rendez-vous avec Rama » décrit la découverte d'un grand objet cylindrique traversant le système solaire, qui s'avère être artificiel — ce scénario fait directement écho à l'idée de rechercher des formes anormales dans les objets interstellaires.