La composition chimique d'un échantillon, c'est comme un paysage sonore. Une forêt vivante résonne de multiples voix : gazouillis, bruissements, bourdonnements d'insectes. Un désert stérile n'offre que le sifflement du vent. Il en va de même pour les molécules : la vie crée un mélange incroyablement bigarré d'acides aminés (les « perles » des protéines) et d'acides gras (composants des graisses), tandis que les processus inertes produisent un ensemble chiche de composés répétitifs. Les scientifiques proposent de capter ce « bruit moléculaire » plutôt que de chercher des substances précises comme l'ADN. Il suffit de mesurer la diversité carbonée globale de l'échantillon — une méthode qui fonctionne même pour des échantillons ayant passé des millions d'années dans la poussière cosmique. Pas besoin d'un laboratoire sophistiqué : une simple spectroscopie (analyse de la lumière émise par l'échantillon) révélera l'abondance relative des molécules. Et peu importe qu'il y ait de l'eau dans cette flaque lointaine : toute forme de vie, selon toute vraisemblance, complexifiera le tableau chimique.
La méthode fonctionne sans contact : il suffit d'analyser le spectre de la lumière réfléchie par la planète.
Cela rappelle l'idée du film « Contact » : un signal intelligent se distinguait par sa structure complexe, et non par un bruit aléatoire. De même, la vie se trahit par sa polyphonie moléculaire.