Un moteur thermique ordinaire, c'est comme un moulin entre deux rives, l'une chaude, l'autre froide : plus la dénivellation est grande, plus le courant est fort. Ici, l'écart est minuscule, à peine un ou deux degrés, mais l'eau peut quand même faire tourner la roue. Le secret ? On fait bouillir l'eau non pas en la chauffant, mais en faisant chuter brutalement la pression — ainsi, la vapeur s'échappe même d'un liquide à peine tiède.
Le cycle est simple : l'eau est légèrement réchauffée par l'environnement, puis elle entre dans un canal étroit où la pression chute brusquement. Le liquide se vaporise instantanément, la vapeur se détend et pousse un piston ou une turbine. Ensuite, on recondense la vapeur en liquide — mais sans dépenser beaucoup d'énergie, car la compression se fait en phase liquide. On parvient ainsi à extraire un travail utile d'une chaleur qui, d'ordinaire, se dissipe simplement.
Les calculs fondés sur les propriétés réelles de l'eau confirment : dans des conditions idéales, le cycle produit un travail positif et ne viole pas les lois de la thermodynamique. Mais le rendement énergétique est si faible que le moindre frottement dans le mécanisme engloutirait tout le bénéfice. Pour qu'un tel moteur fonctionne, les pièces devraient bouger avec la précision d'un mouvement d'horlogerie.
L'idée évoque une tentative de récolter un champ où les épis sont presque vides. Mais même un ruisselet d'énergie qui coule partout autour de nous pourrait un jour servir — par exemple, pour alimenter des capteurs loin de toute prise électrique.
L'eau bout à température ambiante si la pression descend à 0,03 atmosphère — comme à 24 kilomètres d'altitude.