Dans l'hélium refroidi presque au zéro absolu, le liquide cesse de frotter contre lui-même et s'écoule sans la moindre résistance. Des physiciens ont introduit dans cet hélium superfluide de minuscules billes de polymère — d'un à six micromètres, comme des bactéries — et ont suivi leur chute à travers un éclairage laser. Les billes brillaient, et leurs trajectoires étaient enregistrées par une caméra.
Certaines billes descendaient régulièrement, comme des grains de sable dans un sirop épais. D'autres s'écartaient soudainement, comme si elles heurtaient des fils invisibles. Ces fils sont des vortex quantiques : des tourbillons extrêmement fins où la superfluidité se rompt, comme le papier se déchire lorsqu'on le plie. Les vortex naissent de chocs thermiques et ne disparaissent pas même à 0,14 kelvin — deux cents fois plus froid que dans un congélateur.
Lorsque les scientifiques ont examiné le mouvement des billes à différents endroits de leur parcours, le tableau changeait. Pour les plus petites particules, les vitesses se répartissaient en deux pics distincts — comme deux étages dans un immeuble où certains habitants prennent l'ascenseur et d'autres montent par l'escalier. Les billes plus grosses restaient plus souvent coincées dans des enchevêtrements de vortex et restaient suspendues dans le liquide pendant des heures, alors que selon toutes les lois, elles auraient dû tomber. Les physiciens ont appris à compter combien de particules adhéraient aux vortex et ont décrit leur comportement par une équation simple — comme s'ils avaient compté les passagers bloqués sur un escalator.
Ces billes lumineuses sont comme des sondes lancées dans une tempête invisible. Elles montrent où la surface superfluide se déchire et comment les vortex s'accrochent à la matière. De telles expériences aident à comprendre la turbulence — un phénomène qui régit à la fois la météo et le flux sanguin, mais qui reste encore une énigme.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.00707
An injection system for polymer particles, with diameters ranging from 1 to 6 $$\mu$$m, has been developed for visualizing flows in superfluid $$^4$$He at temperatures down to 0.14 K. Using an ultrasound transducer, bursts of particles were launched into a sample of superfluid and allowed to descend under gravity. The particles were imaged using their fluorescence in the presence of a sheet of laser light. We report on the statistical behavior of particles during their descent, including descriptions of a mixture of smooth and erratic trajectories, indicative of the interactions with thermal excitations and quantized vortex lines. Temperature-dependent velocity distributions were measured and analyzed, yielding Gaussian distributions with power law tails persisting into the zero temperature limit. When sampled over increasing length scales, these distributions bifurcated into exponential for the smallest particles and bimodal Gaussian for the largest. We also report observations of long-lived suspensions of small particles at temperatures near 1 K, which appear to be associated with the trapping of large numbers of particles in a turbulent vortex tangle. A method was developed for identifying and quantifying the numbers of particles bound to vortex lines, allowing for a description of the temporal dynamics of their population by an analytical model.
L'hélium superfluide peut s'échapper d'un verre ouvert en passant à travers les parois : il grimpe le long de la paroi, vainquant la gravité, parce que le frottement interne du liquide disparaît.
Dans le roman « Blindsight » de Peter Watts, l'équipage d'un vaisseau utilise des fluides superfluides dans les systèmes de refroidissement — et rencontre des effets quantiques qui influencent la perception de la réalité.