L'espace frémit. Richard Feynman a été le premier à suggérer que, même dans le vide, les lois quantiques le font osciller en permanence. Ce ne sont pas des ondes provenant de corps massifs, mais un frémissement intrinsèque du vide — comme une ride sous le vent qui ne s'apaise jamais.
L'expérience repose sur un condensat de Bose-Einstein, un nuage d'atomes ultra-froid où les atomes se fondent en une seule onde. On en extrait deux faisceaux parallèles. Selon la théorie de la gravitation d'Einstein, la distance entre eux est immuable. Mais les corrections quantiques se font sentir : l'espace se courbe légèrement et tire sur les faisceaux, les faisant dévier. Bryce DeWitt a montré dès les années 1960 que tout corps massif subit ce tremblement en raison de l'échange de ondes gravitationnelles virtuelles.
L'essentiel est que cet effet ne nécessite pas d'étudier les états intriqués ni la superposition de géométries — il suffit d'une mesure précise de la distance. Les instruments modernes, qui exploitent les propriétés ondulatoires des atomes, sont déjà proches de la sensibilité requise. L'amplitude des oscillations est cent milliards de fois plus fine qu'un cheveu, mais en la captant, nous prouverons la nature quantique de la gravité et créerons des capteurs capables d'entendre le frémissement de l'univers.
L'amplitude de ces oscillations est cent milliards de fois plus fine qu'un cheveu humain — plus petite qu'un proton. Pour les détecter, il faut les « règles » atomiques les plus sensibles au monde.