Pendant longtemps, les astronomes ont regardé les galaxies lointaines comme une ville inconnue, en jugeant son âge uniquement par sa place centrale aux cathédrales anciennes. Le noyau brillant semblait antique, et la galaxie entière paraissait démesurément massive pour un Univers si jeune. Mais le nouveau télescope James Webb a permis d'observer les périphéries : là, les étoiles sont plus jeunes et plus bleues. L'écart d'âge entre le centre et les bords atteint un milliard d'années — comme si le cœur de la ville datait de l'Antiquité, tandis que les faubourgs auraient été construits hier. Auparavant, lors de la spectroscopie (décomposition de la lumière), l'instrument captait surtout le centre, ce qui surestimait la masse. L'analyse de toute la surface par photométrie (mesure de la luminosité) a revu les estimations à la baisse, et les galaxies ne contredisent plus la théorie du Big Bang ni la matière noire — cette substance invisible qui retient les étoiles, mise en évidence par Vera Rubin.
Cette découverte redonne de la cohérence au tableau de l'expansion de l'univers, décrite par Edwin Hubble et Georges Lemaître. Désormais, les astronomes prévoient de dresser des « cartes d'âge » des galaxies pour comprendre comment la poussière cosmique donne naissance à de nouveaux astres.
L'une de ces galaxies s'est formée alors que l'Univers n'avait que 300 millions d'années — comme un nouveau-né avec une barbe grise.