Le noyau atomique est rarement une sphère parfaite. Il ressemble plus souvent à un ballon légèrement déformé : la charge électrique y est répartie de manière inégale, et les protons peuvent se déplacer légèrement, créant un minuscule renflement « en forme de poire ». C'est ce qu'on appelle le moment de Schiff — une empreinte insaisissable des forces qui dépassent le cadre du modèle standard de la physique des particules.
Une équipe de physiciens dirigée par non mentionné dans le résumé, mais le sujet est lié à la violation de symétrie a utilisé un cristal de silicate d'yttrium dopé avec des ions d'europium-153. Cet élément de terre rare possède un noyau en forme de « poire octupolaire » — un candidat idéal pour la recherche du moment de Schiff. Le cristal, de quelques millimètres à peine, a été placé dans un champ magnétique intense et les noyaux ont été amenés à résonner comme de minuscules diapasons. La moindre déviation dans leur comportement aurait pu révéler l'asymétrie recherchée.
Aucun signal n'a été détecté. Mais cette absence est en soi un résultat. L'expérience a établi une nouvelle limite supérieure pour le moment de Schiff de l'europium : moins de 1.7×10⁻⁸ e·fm³. Une telle sensibilité permet de sonder des énergies de l'ordre du TeV — là où pourraient se cacher de nouvelles particules, comme les partenaires supersymétriques des particules ordinaires. Le cristal-diapason est resté muet, et ce silence en dit plus que bien des mots : il élimine toute une classe de modèles hypothétiques.
Le noyau de l'europium-153 a une forme octupolaire — comme une poire avec plusieurs renflements, ce qui le rend des centaines de fois plus sensible au moment de Schiff que les noyaux sphériques.