Un atome avec un électron hautement excité sur une orbite de grand nombre quantique principal, ce qui le rend très sensible aux champs électriques.Un atome de Rydberg est un atome dans lequel un électron a été excité à un nombre quantique principal très élevé (n), ce qui signifie qu'il orbite loin du noyau et n'est que faiblement lié. Ces atomes sont énormes — avec n autour de 100, l'orbite de l'électron peut mesurer un micromètre de diamètre, plus grande qu'une bactérie — et ils sont extraordinairement sensibles aux champs électriques externes. Cette sensibilité en fait des sondes idéales pour mesurer des champs faibles, étudier la cohérence quantique et explorer la frontière entre la mécanique quantique et la physique classique.
Le concept d'atomes hautement excités remonte au début du XXe siècle, mais l'étude systématique a commencé dans les années 1970 avec l'avènement des lasers accordables capables d'exciter les atomes vers des états de n élevé. Le terme « atome de Rydberg » rend hommage au physicien suédois Johannes Rydberg, dont la formule (1888) décrit les niveaux d'énergie des atomes de type hydrogène.
L'électron d'un atome de Rydberg se trouve sur une orbite quasi hydrogénoïde, loin des électrons du cœur. Son énergie de liaison varie comme 1/n², de sorte que pour n grand, elle est minuscule, et son rayon varie comme n², ce qui le rend énorme. Parce que l'électron est si éloigné et si faiblement lié, même un champ électrique faible peut déplacer ses niveaux d'énergie de manière spectaculaire (effet Stark) ou l'ioniser. Cette polarisabilité extrême est la clé de leur utilité : les atomes de Rydberg agissent comme des capteurs sensibles de champ électrique, et leur longue durée de vie radiative (millisecondes ou plus) leur permet de stocker de l'information quantique.
Les atomes de Rydberg sont utilisés en détection quantique (mesure de champs électriques), en informatique quantique comme qubits avec de fortes interactions, et dans l'étude du chaos quantique et des plasmas ultrafroids.
Un atome de Rydberg avec n=100 est si grand que s'il était placé dans un solide typique, il chevaucherait des milliers d'atomes voisins — pourtant il reste électriquement neutre et stable dans le vide.









