L'Univers ressemble à un immense entrepôt où un inventaire rigoureux a été effectué il y a très longtemps. Le rayonnement fossile est un registre ancien de tout ce qui existait 380 000 ans après le Big Bang. Selon ce registre, la proportion de matière dans le « budget » cosmique (le paramètre Oméga_m) est connue avec une grande précision.
Des milliards d'années plus tard, les astronomes tentent de tout recompler et se heurtent au chaos. Une partie de la matière ordinaire se cache dans un gaz chaud et ténu entre les galaxies, tandis que la matière noire s'agglutine en amas autour d'elles. Les plus petits amas, comme des cartons poussiéreux dans un coin reculé, sont presque invisibles. De ce fait, le total ne cesse de diverger du registre ancien. Cet écart pourrait indiquer qu'une partie de la matière noire s'est simplement désintégrée entre-temps, se transformant en d'autres particules.
De nouveaux instruments — relevés spectroscopiques du ciel, télescopes à rayons X de nouvelle génération et cartes de la déviation de la lumière par les objets massifs — aideront à mettre de l'ordre. Ils sont comme des scanners modernes pour l'entrepôt : ils éclaireront le gaz caché, sonderont les recoins sombres et, enfin, diront si le bilan actuel correspond à celui d'hier. Si ce n'est pas le cas, c'est que quelque chose se dégrade vraiment dans l'entrepôt.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2606.19837
An enduring signature of the decay of unstable dark matter constituents into other particles would manifest as a measurable discrepancy in the matter density parameter (Omega_m) between the recombination era (z ~ 1000) and the local Universe (z = 0). While precision measurements of the Cosmic Microwave Background tightly constrain the initial matter budget, evaluating this decay hypothesis requires an equally precise audit of the current epoch. We find that current local inventories of baryonic and dark matter are subject to systematic uncertainties - particularly in accounting for the warm-hot intergalactic medium, diffuse intra-cluster media, and the exact profiles of low-mass dark matter halos - rendering a definitive verdict on late-time dark matter decay currently hard to pin down. Furthermore, existing astrophysical bounds on cosmic rays, the diffuse gamma-ray background, and reionization history already heavily constrain potential decay channels during this epoch. However, next-generation observational technology is poised to resolve these local accounting gaps. Upcoming high-resolution spectroscopic surveys, next-decade X-ray missions, and advanced weak lensing campaigns will drastically reduce baryon and mass-mapping uncertainties, transforming the late-time matter audit into a cleaner, more definitive test.
Le gaz chaud intergalactique, si difficile à comptabiliser, représente environ la moitié de toute la matière ordinaire de l'Univers — plus que toutes les étoiles réunies.
Dans le roman « Ténèbres au bout du tunnel », la désintégration de la matière noire menace de modifier la physique de l'espace lui-même, rendant les étoiles instables.