Un monde où l'année ne dure qu'un jour et demi terrestre, et où l'étoile dans le ciel est des centaines de fois plus grande que notre Soleil. C'est KELT-9 b — une géante gazeuse chauffée à des températures où le fer s'évapore. Son atmosphère n'est pas simplement chauffée, elle bout littéralement et s'échappe dans l'espace, comme la vapeur au-dessus d'une immense marmite. Jusqu'à présent, cette fuite n'était perceptible que par son ombre : les atomes d'hydrogène absorbaient la lumière de l'étoile lorsque la planète passait devant elle. Mais l'ombre ne raconte pas tout — elle mélange température, densité et vitesse du gaz.
Aujourd'hui, des astronomes ont capté la lueur propre de l'hydrogène en fuite. Grâce à la spectroscopie à haute résolution (une méthode qui décompose la lumière en nuances très fines), ils ont enregistré la raie Hα — le rouge profond de l'hydrogène — provenant du côté diurne de KELT-9 b. La raie n'est pas simple, mais présente un profil caractéristique à double bosse : des pics sur les côtés et une dépression au centre. C'est comme une sirène d'ambulance qui monte dans les aigus quand elle s'approche et descend dans les graves quand elle s'éloigne — mais ici, avec la lumière. Une partie du gaz se dirige vers nous, une autre s'en éloigne, et au milieu, un écran d'hydrogène plus froid se trouve juste devant la planète brûlante.
Un tel profil n'est pas qu'une jolie image. Il montre pour la première fois directement comment le gaz est chauffé verticalement, combien d'atomes excités s'y trouvent et où soufflent les vents dans les couches supérieures de l'atmosphère. Les premiers modèles indiquent un écoulement puissant : la planète perd plus de dix milliards de tonnes de matière chaque seconde. C'est l'un des taux de perte de masse les plus élevés connus pour des planètes gazeuses. La lueur de l'hydrogène devient une nouvelle fenêtre sur l'évolution des mondes baignés dans le rayonnement mortel de leurs étoiles. Et désormais, en regardant cette lumière, nous pouvons voir comment l'immense chaudron de KELT-9 b s'évapore dans l'espace.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2606.23899
Intense high-energy irradiation of close-in gaseous exoplanets drives the rapid escape of their atmospheres, fundamentally shaping planetary demographics. While atmospheric loss is routinely observed via transit absorption in atomic hydrogen, helium, and metal ions, the underlying physical properties, specifically the thermal structure, outflow dynamics, and mass-loss rate, remain poorly constrained due to inherent degeneracies in the transmission geometry. Here we report the first detection of atomic hydrogen emission from the escaping atmosphere of a gas giant. Using high-resolution spectroscopy of the ultrahot Jupiter KELT-9 b, we detect a hydrogen Balmer line (H{\alpha} 6564.6 {\AA}) emission signature originating from the planetary dayside. The emission line profile features a distinctive double-peaked shape with 0.1-0.15% peak amplitudes at +/-30 km/s and central self-absorption. This profile breaks transmission degeneracies, providing direct observational constraints on the vertical thermal structure, excited-state hydrogen populations, and wind dynamics in the upper atmosphere of KELT-9 b. Initial modeling reveals a vigorous outflow with a mass-loss rate above 10^{13} g/s, among the highest measured to date for gaseous exoplanets. Our results establish hydrogen airglow emission as a powerful diagnostic of atmospheric escape, opening a new observational window into the evolution of worlds in extreme radiation environments.
KELT-9 b est si chaude que son atmosphère peut contenir des vapeurs de fer et de titane — comme dans un haut fourneau.