En explorant les exoplanètes lointaines, les scientifiques cherchent des traces de vie — par exemple, l'eau et le carbone — ainsi que des traces de technologies : signaux radio, mégastructures. Mais entre ces indices, un vide béant. Si l'intelligence n'a pas créé de machines, ou si celles-ci ont disparu, nous ne la remarquons pas. Une nouvelle approche propose de chercher des noosignatures — toute empreinte ordonnée d'un être pensant.
La noosémiotique, la science de ces traces, fournit des critères clairs pour les distinguer du chaos naturel. Ses premiers exemples sont terrestres : outils en pierre, peintures rupestres. En transposant ces méthodes à la spectroscopie des atmosphères des planètes lointaines, nous pourrons remarquer ce que nous manquions auparavant. Le retournement le plus inattendu : les noosignatures les plus fiables ne sont pas des messages, mais des déchets. Un tas d'ordures est visible depuis des étoiles lointaines et n'exige aucune déchiffrement.
Les noosignatures les plus visibles ne sont pas des signaux, mais des déchets : notre civilisation a déjà laissé une couche de plastique qui persistera dans les sédiments géologiques pendant des millions d'années.
Dans le roman des frères Strougatski « Pique-nique au bord du chemin », la Zone laissée par les extraterrestres est pleine d'artefacts dont le sens est absolument incompréhensible — ce sont des noosignatures typiques.