Longtemps, les biologistes se sont demandé : si, dans un groupe d'animaux, un mélange stable d'individus agressifs et pacifiques se maintient, est-ce que chaque individu alterne entre les deux comportements, ou bien une partie se bat toujours tandis que l'autre cède toujours ? Dans les équations classiques, ces deux possibilités sont indiscernables. Le jeu « Faucons et colombes » a été inventé pour décrire la compétition pour la nourriture : les faucons se battent jusqu'au bout, les colombes reculent pour éviter les blessures.
Le physicien Ludwig Boltzmann a découvert que le désordre (le bruit aléatoire) dans tout système tend généralement à tout uniformiser. On aurait pu penser que, dans une population, les fluctuations aléatoires des effectifs finiraient par effacer les différences, transformant tout le monde en « individus moyens » — cette idée a été appelée l'hypothèse de la « main tremblante ». Cependant, une nouvelle étude montre l'inverse : dans les petits groupes, le bruit ne mélange pas, il trie, séparant durablement les individus en « faucons » purs et « colombes » purs — comme un cadre invisible qui maintient la structure. Au lieu d'une foule homogène, une diversité stable émerge.
Le hasard, que l'on croyait destructeur d'ordre, s'avère être son architecte. Le mathématicien John von Neumann, qui a posé les fondements de la théorie des jeux, serait probablement surpris par ce retournement : le bruit ne crée pas seulement la diversité, il la protège.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2607.14950
Deterministic evolutionary game theory makes no distinction between a monomorphic population of individuals all of whom share a mixed evolutionarily stable strategy and a polymorphic population of players of pure strategies present in a ratio that reproduces the mixed strategy on average. The so-called trembling hand hypothesis posits that in finite populations demographic noise selects for monomorphism, however, simulation studies have found contradictory results in some situations. Here we resolve this discrepancy by conducting a theoretical analysis of the paradigmatic Hawk-Dove game using timescale separation. We characterise the emergence of polymorphism driven by stochastic effects, finding long-lasting polymorphic states in certain conditions.
Dans le jeu « Faucons et colombes », les stratégies portent des noms d'oiseaux, mais à l'origine, ce ne sont que des abstractions ; en réalité, les faucons et les colombes ne jouent pas à ce jeu.