Les semimétaux topologiques magnétiques sont intéressants car leurs états topologiques électroniques peuvent être contrôlés par le magnétisme et un champ externe. EuMnSb2 est l'un de ces candidats, mais sa structure magnétique restait controversée : différents groupes rapportaient différentes orientations des spins de l'europium. La raison des désaccords est la forte absorption des neutrons par l'europium naturel et le maclage des cristaux. Ce travail s'inscrit dans la lignée des études sur les matériaux de Dirac magnétiques, où la question clé est de savoir comment l'ordre magnétique est lié à la topologie des bandes électroniques.
Nous avons étudié un même monocristal d'EuMnSb2, cultivé à partir d'un flux d'étain. Pour déterminer la structure magnétique, nous avons utilisé la polarimétrie neutronique sphérique sur le diffractomètre D3 (ILL) — une méthode qui mesure les rapports d'intensités avec des polarisations de neutrons opposées, ce qui élimine le facteur d'absorption. De plus, nous avons effectué de la diffraction neutronique non polarisée sur ZEBRA (PSI) et D9 (ILL), du dichroïsme circulaire magnétique de rayons X pulsé (XMCD) sur BESSY II dans des champs allant jusqu'à 30 T, ainsi que des mesures d'aimantation en champs continus et pulsés jusqu'à 35 T.
En champ nul, le sous-réseau de manganèse présente un ordre antiferromagnétique de type C avec des spins le long de l'axe a, ce qui est cohérent avec les travaux précédents. Le sous-réseau d'europium, en dessous de 21 K, forme une structure antiferromagnétique inclinée : les spins sont déviés de 35° par rapport à l'axe a dans le plan ac et de 15° par rapport à l'axe c dans le plan bc. Lorsqu'on applique un champ le long des axes a et c, on observe des transitions spin-flop à 1.5 T et 0.5 T respectivement. Le XMCD a montré que les spins de manganèse ne changent pas jusqu'à 30 T, tandis que ceux de l'europium commencent à saturer vers 15 T. Pour un champ le long de c, une transition supplémentaire Hc2 a été détectée juste avant la saturation. Le modèle de champ moyen avec des champs effectifs en escalier provenant du manganèse reproduit les principales caractéristiques du comportement.
Ce travail résout un long différend sur la structure magnétique d'EuMnSb2 en fournissant des données fiables sur un seul cristal. Contrairement aux études voisines qui utilisaient différents échantillons et méthodes, ici la polarimétrie neutronique sphérique, exempte du problème d'absorption, a été employée, ce qui rend le résultat plus fiable. Il est montré que le sous-réseau de manganèse agit comme un fond magnétique rigide, et que tous les effets de champ sont liés à l'europium — ce qui simplifie la modélisation et la compréhension du lien entre magnétisme et topologie.
Il est probable que des tentatives de calcul microscopique des interactions d'échange entre Eu et Mn apparaissent, incluant des contributions anisotropes telles que l'interaction de Dzyaloshinskii-Moriya, afin d'expliquer l'origine des champs effectifs en escalier. Il serait également intéressant d'étudier comment les transitions magnétiques affectent les propriétés topologiques, par exemple la phase de Berry ou les états de surface, à l'aide de l'ARPES ou des oscillations quantiques sous champ.
Les résultats sont importants pour la physique des matériaux topologiques magnétiques et la spintronique, où le contrôle de la topologie par un champ magnétique pourrait conduire à de nouveaux dispositifs.
Effectuer des calculs microscopiques des tenseurs d'échange Eu-Mn et étudier le comportement de la structure électronique lors des transitions magnétiques par des méthodes ARPES et d'oscillations quantiques.
En physique des semimétaux topologiques magnétiques, la question du mécanisme microscopique reliant l'ordre magnétique aux états topologiques électroniques reste ouverte. Ce travail fournit la structure magnétique précise et les paramètres des interactions d'échange, nécessaires pour la modélisation théorique des phases topologiques dans EuMnSb2.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Ce travail tranche un débat de longue date sur la structure magnétique de EuMnSb2 : grâce à la polarimétrie neutronique sphérique et au XMCD pulsé sur un même monocristal, une structure antiferromagnétique inclinée du sous-réseau d'europium et un fond magnétique rigide du sous-réseau de manganèse ont été déterminés, et un modèle de champ moyen décrivant les transitions de champ a été construit.
Où est sa force
L'utilisation de la polarimétrie neutronique sphérique, insensible à la forte absorption de l'europium, et l'obtention de données cohérentes sur un même cristal rendent la structure magnétique solidement établie et créent une base pour relier le magnétisme aux états électroniques topologiques.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
L'établissement de la structure magnétique précise et de son évolution sous champ dans EuMnSb2 ouvre la voie au contrôle des propriétés topologiques via les transitions magnétiques, ce qui est important pour des applications en spintronique et en magnétoélectronique.
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est vide autour de ce travail : l'analyse la plus proche n'est qu'à 0.57, contre 0,64 d'ordinaire. Il semble qu'on ait peu foré à côté.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.16724v1
The magnetic structure of a magnetic topological semimetal EuMnSb$$_2$$ is investigated in fields up to 30 T using polarized and unpolarized neutron diffraction, pulsed-field x-ray magnetic circular dichroism and pulsed-field magnetometry. We determine the zero-field magnetic structures of the Eu and Mn sublattices, and find that magnetic transitions induced by applied fields below 2 T correspond to changes in the magnetic order of the Eu spins alone without detectable perturbation to the order of the Mn spins. An additional magnetic transition is observed at fields close to the saturation field for the Eu spins. We present a mean-field model which describes key features of the magnetic behavior and allows us to estimate the dominant Eu--Eu and Eu--Mn exchange interactions responsible for the coupling between magnetism and electronic topology.
L'europium naturel absorbe si fortement les neutrons (section efficace de 4530 barns à une longueur d'onde de 1.8 Å) que la diffraction neutronique conventionnelle nécessite des corrections complexes. La polarimétrie neutronique sphérique contourne ce problème en ne mesurant que des rapports d'intensités.