Les physiciens Schrödinger et Dirac ont les premiers décrit mathématiquement les états des particules. Dans la vie courante, quand on trie son linge, on jette les vêtements clairs dans une pile, les sombres dans une autre. La différence entre les piles semble énorme, alors qu'à l'intérieur de chacune, les nuances sont presque indiscernables. C'est exactement ce qui se passe avec la mesure dans le monde quantique : avant elle, la particule se trouve dans une superposition de toutes les possibilités, comme une chemise de couleur indéterminée. L'acte de mesure la force à choisir une catégorie — et cette superposition s'effondre en un résultat concret. Même avant l'effondrement, lors de la décohérence quantique avec l'environnement, le système perd sa multi-possibilité. L'étude a montré qu'après la mesure, les distances entre états se déforment selon le même principe que les couleurs dans notre perception : les semblables se rapprochent, les différents s'éloignent. Cette déformation est inscrite dans les mathématiques de la mécanique quantique. Coïncidence frappante : dans la langue de la tribu amazonienne des Berinomo, il n'existe que deux mots pour les couleurs — « clair » et « sombre ». Il s'avère que notre cerveau et les particules quantiques regroupent le monde selon un même schéma. D'ailleurs, des principes similaires sont à la base des états intriqués utilisés pour les ordinateurs quantiques, qui traitent l'information quantique.
L'anthropologue Eleanor Rosch a découvert que la langue de la tribu Berinomo ne compte que deux noms de couleurs — « clair » et « sombre ». Cette découverte a contribué à créer la théorie des catégories, qui se trouve maintenant étonnamment en accord avec la physique quantique.