Un capteur quantique ressemble à une ligne télégraphique transmettant un message hypersensible. La moindre interférence déforme le signal. On pensait autrefois que pour une mesure précise, il fallait un « télégraphiste » infaillible — un système idéal de correction d'erreurs. Mais en pratique, tous les éléments sont bruyants. La nouvelle approche admet des erreurs à chaque étape : à l'envoi, à la vérification et à la réception. Si le niveau de bruit est inférieur au seuil critique, la précision atteint la limite de Heisenberg — le maximum absolu autorisé par la mécanique quantique. C'est comme si un message transmis sur une ligne peu fiable, avec des répétitions et des demandes de confirmation multiples, arrivait sans la moindre erreur. Ce principe ouvre la voie à des capteurs quantiques résistants au bruit réel. Ils transformeront la spectroscopie, l'imagerie médicale, les détecteurs d'ondes gravitationnelles. L'idée de supprimer le désordre par la redondance sera utile partout où une précision extrême est requise — des horloges ultra-stables à la transmission de signaux de temps précis par fibre optique.
Le seuil de bruit fonctionne comme le point de congélation de l'eau : juste en dessous, le système est ordonné (glace), juste au-dessus, c'est le chaos (liquide).
Un principe similaire de maintien de l'intégrité face aux interférences rappelle les champs de force de la science-fiction, qui fonctionnent tant que l'impact externe ne dépasse pas une certaine limite.