Un laser ordinaire ressemble à un chœur où chacun chante pour soi : le son est puissant, mais avec des aspérités inévitables. Dans le nouveau laser quantique, les chanteurs s'écoutent et harmonisent leurs voix. Cette coordination réduit l'entropie (le niveau de chaos) et supprime le bruit quantique — ce tremblement inévitable de la lumière à l'échelle microscopique. Le résultat est une lumière comprimée : l'incertitude diminue sur une propriété (par exemple, la précision de la mesure du temps) au détriment d'une autre (l'intensité). Et comme toute lumière, elle se déplace à la vitesse de la lumière.
Cette « acuité » aide déjà en spectroscopie — le décodage de la composition des substances par leur éclat. Mais le retournement le plus inattendu : la lumière comprimée est utilisée dans les antennes des observatoires gravitationnels, où elle capte des vibrations de l'espace des milliers de fois plus fines qu'un atome. Charles Townes, l'inventeur du premier laser, n'aurait pu imaginer une telle coordination quantique, et les disciples de Roy Glauber la concrétisent.
La lumière comprimée est employée dans les détecteurs d'ondes gravitationnelles, comme LIGO, pour capter des frémissements de l'espace des milliers de fois plus petits qu'un atome.