Dans le Milieu interstellaire, les atomes d'hydrogène des nébuleuses — ces régions de formation stellaire — émettent généralement un signal radio net et unique, comme une note isolée. Mais quand un trou noir primordial (masse d'un astéroïde, taille inférieure à un noyau atomique) passe à proximité, sa gravité déplace légèrement la fréquence — c'est un effet de mesure quantique de la courbure de l'espace. Des milliers de ces rencontres transforment la raie unique en une « forêt radio » de signaux désaccordés, observable par spectroscopie.
Cette forêt peut être captée par les radiotélescopes, et sa forme précise est prédite par simulation numérique. L'idée remonte à Stephen Hawking et à l'énigme de la matière noire : Vera Rubin a montré que les galaxies tournent trop vite pour la matière visible, et plus tôt encore, Edwin Hubble a découvert l'expansion de l'Univers — tout cela pointait vers une masse cachée.
Le plus surprenant : pour trouver cette masse invisible, les astronomes ne chassent pas les trous noirs eux-mêmes, mais écoutent comment, sous leur poids, l'élément le plus répandu de l'Univers se met à jouer faux.
Ces trous noirs primordiaux sont si petits qu'ils pourraient traverser la Terre sans laisser de trace — mais leur gravité peut modifier la structure interne d'un atome à moins d'un centimètre de distance.