Les étoiles à neutrons sont les vestiges ultra-compacts d'étoiles, où la matière est compressée à la limite décrite par Subrahmanyan Chandrasekhar. Les magnétars en sont une variété, avec un champ magnétique un million de milliards de fois plus fort que celui de la Terre. D'habitude, quand la lumière passe près d'un corps massif, elle se courbe à cause de la déformation de l'espace-temps — c'est ce qu'on appelle une lentille gravitationnelle. Mais chez les magnétars, le champ magnétique ajoute une seconde lentille : la lumière est déviée encore plus. C'est comme regarder à travers des lunettes à double foyer : une lentille pour la gravité, une autre pour le magnétisme. Sans tenir compte de cette seconde lentille, l'erreur sur le rayon atteint 10 %.
Les futurs télescopes, en analysant les scintillements des pulsars (découverts par Jocelyn Bell Burnell), affineront la taille des étoiles à neutrons. Cela nous donnera la clé de la matière hyperdense, inaccessible sur Terre. Et ces 10 % ne sont pas un simple chiffre : pour une étoile à neutrons, c'est la frontière entre la stabilité et l'effondrement en trou noir.
Un magnétar avec un champ de 10¹⁵ gauss pourrait démagnétiser toutes les cartes bancaires jusqu'à 100 000 km — soit le quart de la distance Terre-Lune.