Le pulsar est une étoile à neutrons ultra-dense, résidu d'une explosion de supernova. Elle tourne à toute vitesse, retenant un nuage de plasma grâce à son champ magnétique. Le plasma tourne de manière inégale : plus vite près de l'axe qu'aux bords. Cette différence engendre des vortex électriques — comme dans un tourbillon d'eau. Ils se forment en quelques rotations seulement de l'étoile (qui, pour un observateur terrestre, sont dilatées par l'effet d'une gravité monstrueuse). Les vortex mélangent les charges et les projettent vers le cylindre de lumière — la frontière extérieure de la magnétosphère. Là, les particules perturbent le signal radio, faisant scintiller le pulsar ou le faisant taire complètement.
Les astronomes enregistrent ces variations grâce à la spectroscopie : ils décomposent les ondes radio par fréquences pour suivre comment les vortex déforment l'émission. Désormais, la variabilité des pulsars a une cause bien identifiée.
La force d'un vortex électrique ne représente que quelques pour cent de la charge totale du pulsar, mais cela suffit à faire clignoter ce phare cosmique.
Dans « Contact » de Carl Sagan, les extraterrestres font d'un pulsar un phare ; la nature, elle, se passe d'eux : les vortex électriques transforment déjà l'étoile en émetteur clignotant.