Diffusion inélastique de la lumière par la matière, générant du bruit dans les fibres optiques.La diffusion Raman est la diffusion inélastique des photons par la matière, où la lumière diffusée gagne ou perd de l'énergie correspondant aux transitions vibrationnelles ou rotationnelles des molécules diffusantes. Contrairement à la diffusion Rayleigh (élastique), la diffusion Raman décale la fréquence du photon, produisant un spectre qui constitue une empreinte de la structure moléculaire du matériau. Dans les fibres optiques, elle est gênante : elle limite la puissance transmissible en convertissant une partie de la lumière en longueurs d'onde indésirables, mais elle permet aussi de réaliser des amplificateurs et des capteurs.
L'effet a été prédit par Adolf Smekal en 1923 et confirmé expérimentalement par C.V. Raman et K.S. Krishnan en 1928, ce qui a valu à Raman le prix Nobel de physique en 1930.
Un photon interagit avec une molécule, l'excitant vers un état d'énergie virtuel qui n'est pas un niveau quantique réel. La molécule se relaxe ensuite vers un état vibrationnel différent, émettant un photon dont l'énergie est égale à celle du photon incident moins (Stokes) ou plus (anti-Stokes) le quantum vibrationnel. L'intensité et les décalages en fréquence de ces photons diffusés révèlent les énergies de liaison et les symétries moléculaires, faisant de la spectroscopie Raman un outil analytique puissant.
La diffusion Raman est utilisée dans les télécommunications par fibres optiques pour les capteurs de température répartis (DTS) et dans les amplificateurs Raman, tandis qu'en laboratoire elle permet l'analyse chimique non destructive, du contrôle qualité pharmaceutique à la détection d'explosifs.
Seul un photon sur dix millions environ subit une diffusion Raman, ce qui explique la faiblesse de l'effet et la nécessité de sources laser intenses pour le rendre pratiquement exploitable.




