L'atmosphère d'une exoplanète lointaine, c'est un peu comme une recette qu'on devine en sentant les effluves de la hotte. Autour de la naine rouge TRAPPIST-1, la planète e pourrait abriter la vie, mais on ignore quelle quantité d'ultraviolet l'étoile émet. Or, cette lumière est l'ingrédient clé.
En modélisant des conditions semblables à celles de la Terre primitive, les scientifiques ont testé cinq scénarios d'ultraviolet. La planète s'est révélée capable d'accumuler 5% d'oxygène, une couche d'ozone et du méthane — le signe classique d'organismes vivants. Surprise : tout cela résulte de simples réactions chimiques déclenchées par la lumière à partir de dioxyde de carbone et de vapeur d'eau. L'équilibre est facile à modifier en changeant l'ultraviolet, et alors de l'hydrogène apparaît. Détail inattendu : une année sur TRAPPIST-1 e dure six jours terrestres, et la planète présente toujours la même face à son étoile — mais le camouflage chimique fonctionne.
Le télescope James Webb pourrait déceler la supercherie grâce à la spectroscopie (décomposition de la lumière en couleurs) lors d'un transit — quand la planète passe devant son étoile. Mais sans une photométrie (mesure de la luminosité) ultraviolette précise de l'étoile, tout signe de vie ne serait qu'un mirage, et la recherche, un jeu de devinettes olfactives.
Le système TRAPPIST-1 se trouve à 40 années-lumière de nous — un vrai voisinage cosmique, où une planète se fait passer pour habitable avec un art consommé.