Les éruptions solaires sont d'immenses éjections de gaz chargé qui foncent le long de routes magnétiques. Grâce à l'analyse spectrale (spectroscopie) et à la mesure de la luminosité (photométrie), le satellite Hinode a découvert que les ions lourds de fer, venus d'anciennes supernovae, filent presque exclusivement le long des lignes de champ. Comme des voitures sur une autoroute, ils ne s'écartent guère sur le bas-côté.
En mesurant la largeur des raies spectrales, les scientifiques ont utilisé l'effet Doppler (où la vitesse de la lumière est cruciale). Au centre du disque solaire, les raies étaient larges — les ions se dirigent vers nous ou s'éloignent. Sur les bords, où le champ est orienté transversalement, les raies sont plus étroites. Le mouvement principal se fait donc le long du champ. Cela ne ressemble pas à une explosion chaotique : l'énergie ne se dissipe pas instantanément, comme le prévoyaient les modèles classiques de Maxwell et Boltzmann avec leur augmentation de l'entropie.
Même cinq minutes après le pic de l'éruption, la raie spectrale du fer Fe XIV reste anormalement large — le plasma continue de « bouillonner », comme s'il était chauffé de l'intérieur. Cet ordre durable est important pour comprendre l'activité stellaire qui menace les atmosphères des exoplanètes. Quant au fer lui-même, il nous rappelle que nous sommes faits de cendres stellaires, qui brûlent encore dans le Soleil, dans son plasma d'hydrogène et d'hélium.
La raie du fer Fe XIV, visible à 1,86 million de degrés, reste large cinq minutes après le pic — comme si la chromosphère refusait de se calmer.
Dans « Solaris » de Lem, l'océan engendrait des structures de plasma ; de même, les éruptions solaires cachent une hiérarchie complexe de mouvements dont l'élucidation nous rapproche de la compréhension du « caractère » des étoiles.