La tomographie par fluorescence X nécessite généralement un balayage point par point avec un faisceau focalisé, ce qui est lent et limite la fusion avec la tomographie structurelle plein champ. Autour de ce travail, l'archive contient des méthodes pour améliorer l'imagerie X : réduction de dose, amélioration de la netteté, microscopes quantiques. Cet article se distingue : il démontre pour la première fois une tomographie par fluorescence plein champ tridimensionnelle, calibrée expérimentalement et compatible avec le contraste de phase.
L'expérience a été réalisée au synchrotron ESRF, ligne ID19, avec un faisceau polychromatique d'énergie moyenne 59,25 keV. L'échantillon est éclairé dans son ensemble, et le rayonnement de fluorescence traverse un sténopé de 200 µm de diamètre avant d'être enregistré par le détecteur pixélisé HEXITEC avec un pas de 250 µm. La géométrie est équivalente à un cône virtuel, où le sténopé joue le rôle de source ponctuelle. La calibration se fait en deux étapes : d'abord, les paramètres géométriques sont estimés à partir des projections d'une sphère de calibration, puis ils sont affinés en minimisant l'erreur de reconstruction. La tomographie par contraste de phase a été obtenue avec un pixel effectif de 3,1 µm et 5000 projections.
F3CT a reconstruit les distributions tridimensionnelles des éléments sans balayage raster. Pour l'embryon de poisson zèbre coloré à l'argent, un volume avec le signal Ag Kα (22,16 keV) a été reconstruit, montrant une distribution non uniforme du colorant dans les tissus mous. Pour la carotte géologique, des volumes sensibles au Fe et au Ba ont été isolés, le signal Ba étant localisé dans le granite et le signal Fe réparti dans la serpentinite. La résolution spatiale de la fluorescence est d'environ 150 µm, inférieure à celle du contraste de phase, mais suffisante pour une carte chimique.
Ce travail se distingue des méthodes voisines en combinant pour la première fois l'éclairage plein champ, un détecteur hyperspectral et une reconstruction virtuelle en cône calibrée pour la tomographie par fluorescence tridimensionnelle. Cela ouvre la voie à l'imagerie corrélative « structure + chimie » dans une seule expérience, sans changer de géométrie.
Les perspectives incluent le remplacement du sténopé unique par des ouvertures codées pour augmenter le flux et la résolution, ainsi qu'une nouvelle génération de détecteurs HEXITEC avec une cadence de comptage mégahertz. Cela permettra des études in situ et operando de processus dynamiques, comme la migration des éléments dans les batteries.
La méthode s'applique à la biologie, la géologie, la science des matériaux et le patrimoine culturel, où une carte chimique volumique non destructive est nécessaire. Elle crée également une base pour la future imagerie à faible dose des tissus biologiques.
Développement d'ouvertures codées et d'algorithmes de déconvolution pour améliorer la résolution et la sensibilité. Intégration avec des détecteurs rapides pour les séries temporelles.
Dans le domaine de l'imagerie X, le problème de l'obtention simultanée d'une haute résolution spatiale et d'une sensibilité chimique sans dose excessive reste posé. F3CT le résout par une détection parallèle, mais est limitée par la résolution du sténopé et la sensibilité du détecteur aux basses énergies.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Cette étude présente une tomographie par fluorescence plein champ (F3CT) réalisée sur le synchrotron ESRF : l'échantillon est éclairé dans son intégralité, le rayonnement de fluorescence traverse un sténopé et est enregistré par le détecteur hyperspectral HEXITEC, tandis que le volume est reconstruit à l'aide d'un modèle de cône virtuel et d'un calibrage en deux étapes. La méthode a été validée sur un embryon de poisson-zèbre et sur une carotte géologique, où des distributions tridimensionnelles de l'argent, du fer et du baryum ont été obtenues ; de plus, dans la même géométrie, une tomographie par contraste de phase a été réalisée pour fournir un contexte structurel.
Où est sa force
La principale force réside dans la combinaison de l'éclairage plein champ, du détecteur sensible à l'énergie et de la reconstruction par cône virtuel calibré, ce qui permet d'obtenir une carte chimique du volume sans balayage par points et dans une géométrie unique avec le contraste de phase.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Cette imagerie corrélative « structure + chimie » en une seule expérience pourrait être utile pour étudier la biominéralisation, la distribution de médicaments dans les tissus et les processus géochimiques où la localisation spatiale de la composition élémentaire par rapport à la microstructure est importante.
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est vide autour de ce travail : l'analyse la plus proche n'est qu'à 0.57, contre 0,64 d'ordinaire. Il semble qu'on ait peu foré à côté.
Le temps d'acquisition d'une projection de fluorescence était de 150 à 170 secondes, et il y avait 121 projections au total, soit environ 5,5 heures par jeu de données. La tomographie par contraste de phase avec 5000 projections a pris un temps comparable.
L'idée de voir la composition chimique d'un volume sans le détruire rappelle le tricordeur de « Star Trek », qui scanne un objet et fournit une analyse élémentaire. F3CT est un pas vers un tel dispositif, bien qu'il nécessite encore un synchrotron.