Les courbures d'une pièce spécialement conçue sont comme des écritures dans lesquelles sont encodées toutes les propriétés élastiques du matériau. Autrefois, on déterminait ces propriétés en testant une multitude de petits rectangles pour ajuster le modèle standard d'élasticité — un peu comme apprendre une langue mot à mot. Aujourd'hui, une seule pièce avec des saillies et des creux, chargée d'une certaine manière, se déforme de telle sorte que tout le « texte » du matériau devient visible d'un coup. Cela rappelle la spectroscopie en astronomie : par le motif des déformations, on lit les caractéristiques cachées, comme on lit la composition d'une étoile dans son spectre.
La forme optimale est calculée par un algorithme qui adapte la géométrie aux propriétés du matériau — surtout s'il n'est pas identique dans toutes les directions, comme le bois ou les composites carbone. Robert Hooke a le premier décrit l'élasticité, mais l'approche moderne renverse son héritage : au lieu d'une série de tests, une seule question précise.
Étonnamment, une telle expérience « unique » donne souvent des paramètres plus précis que la série classique de centaines de mesures. La forme complexe agit comme un filtre : elle atténue le bruit et fait ressortir l'essentiel.
Avec un seul de ces échantillons, on peut calculer la rigidité d'un matériau plus précisément qu'après des centaines de tests ordinaires. Moins de mesures, moins de bruit.
Une méthode similaire pourrait être imaginée en science-fiction comme un « testeur de matière » universel qui, d'un seul contact, connaît tout de la composition d'une substance inconnue — comme le tricordeur de « Star Trek ».