Les galaxies ressemblent à d'immenses cuisines où, dans les entrailles des étoiles, les atomes légers se compriment en atomes lourds — un peu comme la farine et l'eau deviennent du pain. Lorsqu'une étoile meurt, elle rejette ce qu'elle a accumulé dans le gaz interstellaire, l'enrichissant d'« épices » : oxygène, carbone, fer. Le télescope James Webb a capté la faible lueur de l'oxygène chauffé dans 34 galaxies qui brillaient 3 milliards d'années après le Big Bang. De la luminosité de cette lumière, comme de la température d'une flamme, les astronomes ont déduit la proportion d'oxygène — la décomposition de la lumière en couleurs est ici plus précise qu'un thermomètre de cuisine.
Résultat : plus la galaxie est lourde, plus elle contient d'oxygène — une relation presque identique à celle des galaxies voisines actuelles. Mais les simulations informatiques de l'évolution de l'Univers n'ont pas réussi à reproduire cette constance. À l'époque de l'expansion de l'univers, il y a 10 milliards d'années, les étoiles naissaient beaucoup plus vite, pourtant la recette d'enrichissement en métaux ne s'est pas déréglée — comme si un cuisinier préparant dix fois plus vite ne se trompait pas d'un gramme d'assaisonnement.
L'oxygène que nous respirons a un jour été éjecté par l'explosion d'une étoile massive — nous respirons les cendres des supernovae.