Le thé chaud refroidit, et sa température est la même dans toute la tasse. Mais dans de nombreux systèmes — par exemple, dans le gaz raréfié entre les étoiles ou dans le plasma — la température n'est pas constante : à un endroit, les particules sont plus rapides, à un autre, plus lentes. Les physiciens appellent ces systèmes « superstatistiques » : c'est comme si le thé était composé de nombreuses petites régions, chacune avec sa propre température.
Le problème est que cette température « locale » ne peut pas être mesurée directement — elle n'est liée à aucune grandeur que l'on pourrait toucher avec un instrument. C'est pourquoi les scientifiques sont obligés de deviner sa distribution, ce qui n'est pas fiable. Les auteurs de cette nouvelle étude ont trouvé une issue : ils ont montré que la température cachée peut être reliée à l'énergie du système. L'énergie, elle, peut être mesurée, et donc on peut calculer la température.
Les auteurs ont testé leur méthode sur un exemple concret — ce qu'on appelle l'ensemble q-canonique, qui décrit des systèmes avec une statistique inhabituelle. Ils ont calculé comment la température est distribuée pour une énergie donnée, et ont obtenu la distribution complète sans transformations mathématiques complexes. C'est comme si, au lieu de vider le sac, vous appreniez à déterminer la taille des bonbons par le bruit qu'ils font en tombant.
Désormais, les physiciens disposent d'un outil pour regarder à l'intérieur des systèmes complexes hors d'équilibre — du plasma en laboratoire aux amas d'étoiles lointains. Et peut-être mieux comprendre comment l'ordre naît du chaos.
En superstatistique, la température peut être non pas un simple nombre, mais toute une distribution de probabilités — comme une prévision météo qui ne dit pas « il fera 20 degrés », mais « avec une probabilité de 60 %, il fera entre 18 et 22 ».