Dans un certain modèle, l'espace-temps est un lac lisse, et les particules quantiques sont des poissons qui y nagent. Leurs mouvements créent inévitablement des rides. Les mathématiques exigent que l'eau frémisse, sinon la théorie s'effondre. Ce frémissement est strictement ordonné et se décline en deux types. L'une des ondes ressemble aux ondes gravitationnelles, l'autre aux ondes de compression. Toutes deux se propagent comme des taches d'encre sur l'eau. Les scientifiques ont calculé l'intensité de ce frémissement et l'ont comparé aux données de la sonde LISA Pathfinder, qui détecte des forces un milliard de fois plus faibles que le poids d'un grain de sable. Un mystérieux bruit capté par l'instrument correspond exactement aux calculs. De plus, les ondes gravitationnelles de fond dans l'univers en expansion limitent ce frémissement : s'il était plus fort, nous aurions déjà remarqué des rides supplémentaires. Il semble que la trame de la réalité ne cesse de palpiter à cause des particules quantiques, et les futurs détecteurs pourront en entendre le souffle.
LISA Pathfinder était si sensible qu'il pouvait mesurer une force comparable au poids d'une bactérie sur Terre. Le mystérieux bruit excédentaire qu'il a détecté pourrait être le premier indice du frémissement quantique de l'espace-temps.