La forme du lit d'une rivière suit précisément l'équation qui décrit la croissance d'un univers à courbure négative. En laboratoire, l'eau qui s'écoule sur du sable sculpte spontanément un profil transversal qui correspond à la solution du modèle Anti-de Sitter.
La rivière tend vers une forme qui maximise le frottement contre le fond. Contrairement à l'intuition, l'eau choisit un lit qui accélère la dissipation de l'énergie (augmentation de l'entropie). Le sable et l'eau trouvent un équilibre, et celui-ci est décrit par la même loi que l'expansion de l'Univers tout entier.
Cette découverte aide à prévoir les changements des rivières et à construire des canaux. Mais surtout, la rivière de laboratoire devient un miroir dans lequel se reflète la mathématique du cosmos. L'écoulement de l'eau porte en lui la même harmonie que celle que Georges Lemaître et Albert Einstein ont trouvée dans l'expansion de l'univers.
Dans la rivière de laboratoire, le sable et l'eau finissent par adopter la même forme, celle qui freine le plus le courant — cela se produit sans aucune intervention, comme par un accord tacite.