Les ondes gravitationnelles ne sont pas des oscillations de la matière, mais un frémissement de la courbure de l'espace-temps lui-même, prédit par Albert Einstein. Elles se propagent à la vitesse de la lumière et traversent les corps, les étirant et les comprimant. Joseph Weber, dans les années 1960, a proposé de capter ces ondulations avec des objets massifs qui devraient y répondre comme une cloche répond au vent.
Dans une nouvelle étude, des physiciens ont calculé comment une fine plaque faite d'un matériau à coefficient de Poisson nul (c'est-à-dire qui ne s'élargit pas latéralement sous compression, comme le liège) vibre sous l'effet des ondes gravitationnelles. Dans ce cas, les équations se simplifient considérablement, et ils ont réussi à trouver des formules exactes pour les déplacements et l'énergie absorbée.
Mais le plus inattendu, c'est l'effet inverse : la plaque qui frémit émet elle-même des ondes gravitationnelles secondaires, même si elles sont infiniment faibles. Ainsi, la cloche non seulement entend le vent, mais lui répond par son propre tintement. Cet échange d'énergie bidirectionnel est fondamental pour le fonctionnement précis des détecteurs, même si les instruments modernes ont depuis longtemps délaissé les simples blocs d'aluminium au profit d'interféromètres laser.
Le liège est l'un des rares matériaux naturels dont le coefficient de Poisson est proche de zéro. C'est ce qui le rend idéal pour boucher les bouteilles : lorsqu'on le comprime, il ne s'élargit presque pas sur les côtés.